De Carbonifera à Talamone, en passant par Grosseto et Montiano : feu, pneu, malchanceux, chanceux (?)…

Publié le Mis à jour le

Vendredi 14 juillet.  93 km – 600 m de dénivelé positif. 

Pas de bol.  On est réveillé tôt ce matin mais le linge n’est pas sec.  La chaleur  monte vite, on attend en faisant passer le linge de l’ombre au soleil… Jérôme en profite pour réparer la chambre à air remplacée hier. 

Finalement, on décolle à 10h. On commence par des pistes cyclables en bord de plage, puis on enchaîne avec une bonne côte qui nous permet d’arriver sur un beau point de vue. 

Y compris sur la pointe de Piombino où on a mangé une glace hier après-midi. 

On enchaine ensuite avec une ÉNORME côte de 3 km au moins avant de revenir dans la plaine.  

On reprend ensuite une piste cyclable, en bordure de la route mais séparée par un rail de sécurité.  Arrivé au bout, il a un début de feu de brousaille.  Sans doute un blaireau qui a jeté un mégot. On le dépasse et on s’arrête. Pendant ce laps de temps, le feu a déjà triplé de volume. 30 secondes plus tard on se passait pas.  On regarde ce qu’on peut faire mais nos gourdes sont  quasi vides et il n’y a rien autour pour étouffer le feu.  Le temps qu’on se pose ces petites questions, un gars en scooter avec un gilet orange fluo et un casque aux couleurs de l’Italie arrive et passe desuite un coup de fil.  En fait il appartient à une sorte de réseau de sentinelles des départs de feu qui veille sur le secteur.  Il y avait un de ses collègues en haut de l’énorme côte, à moins que ce soit lui. On n’a pas tous le même avis sur la question… Un artisan en fourgon s’est arrêté en face.  Il étouffe le départ de feu avec du plâtre. C’est une bonne chose car il y a un grillage de suite derrière et plein d’épines de pins sèches. Les renforts appelés arrivent en trombe, limite arrêt au frein à main et dérapage devant le feu.  On s’attend à un camion de pompiers ; point du tout.  C’est un de ses minis camions qu’on croise beaucoup en Italie, genre véhicule  sans permis, blanc, sans inscription, qui comprend une petite réserve et un tuyau. Ils font leur travail.  Liséa n’est pas rassurée, elle s’est garé 30 m plus loin, on n’a plus rien à faire ici, on reprend la route. 

Très vite, on comprend pourquoi tant de « prevention ». Il y a eu des incendies récemment, et on le verra après, régulièrement. 

On repart.

On arrive à Castiglione della Pescaia et là un nouveau départ d’incendie vient de se produire dans la pente à l’arrière des maisons que l’on longe.  On assiste au grossissement du feu ; des maisons sont toutes proches.  

On bouge de là et on s’arrête sur le front de mer pour refaire le plein des gourdes et reprendre des forces en mangeant des bananes.  Il est midi, il faut qu’on avance ; pour trouver un camping il faut qu’on aille au delà de Grosseto, c’est -à-dire qu’on fasse environ 80 km et on est parti à 10h… Un nuage de fumée survole la ville, 

s’épaissit et finit par tourner au marron.  On craint qu’une maison ait été prise au piège. Avec Liséa on est d’avis de déguerpir ; s’il y a des consignes d’évacuation on va pas être très rapides avec nous vélos.  Cela-dit, personne n’a l’air de paniquer dans la ville. En plus, on n’a fait que 30 km et on a toujours cette problématique de devoir faire 80 bornes pour atteindre le camping ou trouver une autre solution avant…

On pend la direction de la sortie de la ville, et on découvre la particularité de la ville, son château. 

On trouve un supermarché pour faire les courses pour midi.  Pendant ce temps un hélicoptère survole les dégâts. On revoit passer quelques petits camions citernes blancs mais rien qui ne réduise la fumée. Pendant 3 secondes, des cendres tombent du ciel. Les pompiers arrivent plus de 30 mn après et en petit nombre, 2 petits camions du côté où on se trouve.  On reprend la route et à  nouveau cette sensation de coller à la route. On a crevé. On se pose sur le front de mer, Jérôme répare et on mange. Heureusememt qu’il a mis le temps d’attente de ce matin au camping à  profit en réparant la chambre à air d’hier ! On est installé devant un banc mais on est assis, par terre, à côté, agglutinés à l’ombre.  
Pendant qu’on mange, on entend un grand « pcheuuu ». De par notre installation, on a tous le nez sur le pneu avant qu’on voit se ratatiner… oups. Jérôme rechange la chambre à air.  De notre coté en attendant le top départ on regarde le circuit les hélicos  qui portent et lâchent des poches d’eau captée dans la mer.  Pendant ce temps, alors qu’on n’a meme pas roulé, ca s’est encore dégonflé. Pourtant, Jérôme a bien inspecté pneu et roue. Il prend le vélos de Lisea pour aller à un magasin de velos refaire le plein de chambres à air (2) et de rustines. Le mec n’est pas aimable et lui vend ça 16 €. Vers 15h seulement arrive un canadair, ce qui nous sert d’attraction en attendant.  C’est l’occasion rêvée de le voir à l’oeuvre, puiser dans la mer et lâcher. 

Ca fait un moment qu’il n’y a plus de fumée de notre coté (on est à l’opposé) mais les 2 hélicos et l’avion assurent des rotation sans discontinuer.  

Notre solidarité anti crevaison a des limites, depuis le temps qu’on est bloqué face à la mer on se décide à faire un plouf.  Jérôme craque et se trempe rapidement aussi avant qu’on ne reparte. 

On reprend la route vers 15h30 ou 16h, autant dire qu’on n’est pas en avance. On suit une piste sécurisée en bourdure de la route, très agréable à l’ombre des pins. Un peu cabossée, parfois même un pin traverse la voie, mais ça sent bon et les cigales chantent. Régulièrement, on voit des traces d’anciens départ de feu, plus ou moins grands. On bifurque ensuite vers Grosseto, sur une large piste bien roulante, avec pour partie le vent dans le dos, c’est une chance et ça nous permet d’envisager de rattraper notre retard.

Arrivés à Grosseto, encore cette sensation de coller à la route, vous l’avez compris maintenant : crevaison ! (C’est pas possible, il doit avoir un club du 3eme âge du paradis italien qui joue avec nous au jeu du Mille Bornes !!!).

On est devant un supermarché, je laisse Jérôme faire son travail, j’en suis bien incapable…, 

et je vais acheter de la crème solaire, on est presque à sec et ça fait 2 jours que je n’arrive pas à trouver de l’indice 50. Je trouve mon bonheur et revient avec des glaces pour le goûter des troupes dont il faut veiller au maintien du moral. On n’a plus qu’une chambre à air d’avance, on est en ville, c’est l’occasion de chercher un magasin de vélos… il y en a un à 2 km, c’est parti. Jérôme démonte la roue et explique au gars les multiples crevaisons. Quand il lui monte l’état de la chambre à air, c’est-à-dire pas un vrai bon gros trou mais une espèce de rayure vicieuse, le gars inspecte le pneu … en l’éventrant avec un tourne vis (si si…) jusqu’à trouver un fin bout de bois glissé en travers du pneu. Au moins, on a le responsable. On lui rachète pneu et chambre à air, on s’en sort pour 20 €, ca va. C’est un pneu de VTT, mais ça fera l’affaire.  Jusque là on avait le pneu de bmx acheté à Rotterdam en octobre quand on avait vu la gomme bleue du pneu renforcé apparaître … je n’ai rien vu de l’opération du pneu, on m’a demandé de rester dehors et de trouver un plan bis niveau hébergement pour ce soir. Bon le gars a été trop rapide, j’ai rien trouvé… On en profite pour faire un point itinéraire avec le gars sur notre seconde problématique, la route pour sortir de Grosseto. Il semble y avoir une route unique, la E80 qui de par son nom, même si ce n’est pas une « A quelque chose », ne nous rassure pas. Il nous confirme que c’est bien ça, à moins de pendre les petites routes de montagne… mais c’est bien sûr ! … et en plus il est près de 18h. Bon on avance et on verra. 

Et bien on voit oui, une jolie 4 voies bien circulante et au moins le panneau a l’avantage d’être clair, c’est interdit au vélo. 

Demi-tour, il y a un agriturismo à 2 km, on va faire les pleureurs… Bon, le gars n’a plus de place et il ne veut pas qu’on plante la tente. Il appelle quand même quelques copains, c’est partout pareil. Il veut nous envoyer en arrière à  Marina di Grossetto ; la marche arrière c’est pas pour nous.  Il culpabise sans doute quand même un peu de ne pas nous autoriser à planter la tente, il nous offre une poche de fruits. 

Bon hé bien finalement on y est déjà engagé sur cette fameuse route de montagne, alors c’est parti ! En même temps ça fait un moment qu’on voit des panneaux « cyclo turismo Montanio », c’était en fait un appel…

Le vieux nous a prévenu : 11km de montée jusqu’à Montanio dont 3 un peu raides puis alternance de montées descentes jusqu’à Talamone. Hé  bien oui ça monte bien. Je sens les gouttes de sueur ruisseler sur mon visage et je vois les gouttes tomber régulièrement des coudes de Jérôme. Les enfants suivent bien. 

Il faut voir le positif, pour une fois on ne monte pas sous les grandes chaleurs entre 11h et 16h… et surtout les paysages sont superbes.

On arrive à Montanio vers 20h. Oups, on n’a pas fait les courses pour ce soir. On va devoir sacrifier la gamelle de secours (Un sachet de semoule aromatisée qui ne nécessite que 30 cl d’eau pour être prêt), on a 3 paquet de gâteaux aux céréales, un reste de chips et les fruits du vieux, ca va le faire. 

On entame la descente. Mince, ca remonte régulièrement. Jérôme peste. Je le soupçonne d’avoir relâché 1 ou 2 fois sur les pédales pour voir si j’appuie. 




On voit le soleil descendre derrière les montagnes.  Au premier arrêt j’en profite pour mettre les lumières clignotantes rouges à l’arrière des vélos. On branche le GPS du téléphone pour aller au camping et on se retrouve à l’entrée de la E80 qu’on a voulu éviter en prenant la montagne.  La poisse. Il reste 1,5 km, il n’y a pas de panneau interdiction aux vélos (une erreur sans doute) et c’est limité à 70 km /h. On s’engage. Le camping a son entrée directement sur la grande route ! On est arrivé ; il est 21h. On installe le campement et on fonce à la douche en prenant le porte-monnaies pour s’arrêter fêter ça au bar dès la sortie des douches. 

Une bonne bière fraîche de la récup’ et un soda pour les enfants, beaucoup d’autocongratulation, on est super bien. Finalement, Jérôme a commandé discrètement une pizza, puis une 2ème ; on a même sauvé la gamelle de secours ! Liséa montre les 1ers signes de fatigue, les enfants partent devant à la tente le temps qu’on finisse nos verres, Raphaël va commencer à gonfler les matelas. Quand on arrive vite après, la tente est dans le noir. Liséa s’est endormie et Raphaël à décidé de finir de gonfler dans le noir. Pas de bol, on l’a réveillée quand même pour aller brosser les dents et veiller à ce qu’une envie de faire pipi ne la réveille pas plus tard et par là même toute la tente. 

La journée a été intense, tout le monde s’endort vite. 

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